mercredi 14 novembre 2007
Trois soirs, trois aventures au Harry's New-York Bar
Par Alexandre Vingtier, mercredi 14 novembre 2007 à 15:59 :: soiree club
Dalmore 12 ans – 43 %, embouteillé en 1988 (en réalité un assemblage de fûts allant dont les plus vieux ont 30 ans). Une précaution, il faut aérer longuement ce single malt pour qu’il libère toute sa palette aromatique et gustative. Ce collector faisait le lien avec le dernier Whisky Live Paris. De nouvelles notes de dégustation ont enrichi le commentaire figurant au Catalogue « Collection 2008 ». Notamment pour le nez, la figue, la datte, l’abricot, le melon, la châtaigne et le chocolat. De cette douceur automnale ressort beaucoup de fraîcheur. Une pointe de mûre venant ponctuer la palette aromatique. La bouche se révèle huileuse, exotique (banane). D’une belle densité, elle s’échappe sur le goudron, le lichen, le caramel et le sel. Entre Dalmore et le sherry, il s’agit d’une longue histoire. Cette version en est un bel exemple, tant le sherry est au service du whisky et ne cherche jamais à le dominer. De plus, chaque soir, ce Dalmore s’est goûté de mieux en mieux. Quel beau whisky à l’ancienne, n’oubliant pas d’être imparfait ou plutôt se faisant un point d’honneur à ne pas être parfait !
Glenburgie 35 ans – 46 % dans la gamme « Classic Speyside » spécialement embouteillée pour La Maison du Whisky par Gordon & MacPhail. Cette gamme comprend Linkwood 20 ans, Glenlivet 25 ans, Mortlach 30 ans, Longmorn 40 ans (tous embouteillés à 46 %) et Strathisla 50 ans embouteillé à 40 %. Quelle étonnante fraîcheur exotique (ananas, fruit de la passion) pour un si vénérable single malt ! Un trait d’eau renforçant même son caractère concentré, riche et onctueux. A ne surtout pas hésitez à servir sur certains plats (viandes blanches (poulet à l’estragon), poissons). Oriental, il se révèle même pimenté. On peut évoquer également des notes d’infusion, de verveine, d’anis, de thé à la cardamome. En terme d’équilibre, on tend vers la perfection. Le boisé se fait vanillé et n’est jamais trop présent. Les épices (poivre, muscade, girofle) viennent exciter le palais avant que celui-ci ne soit recouvert d’une fine couche de cendres. Cependant, ce sont les fruits exotiques et les fruits frais qui reprennent le dessus. Martine Nouet encense littéralement ce Glenburgie dans le dernier numéro de Whisky Magazine. Après un 1966 sherry rouge profond, un Glenburgie de haute volée dans un registre plus fruité.
Arran fino sherry wine cask from Valdespino – Jerez – 50 %. Un affinage original de 9 mois en fût de xérès fino. Superbe couleur dorée. Le premier nez est marqué par la crème au lait, l’amande, la noix fraîche avec une originale pointe de vinaigre. Il évolue sur les fruits frais (poire) et sur le géranium. Il se montre même salé. Certains ont décelé le lait de coco et les fruits confits. Un pâtisserie en quelque sorte. La bouche est riche et onctueuse, marquée par l’amande, la noix de cajou et les épices (poivre). La finale est marquée par les champignons. Ce jeune distillat se montre trapu au départ, il gagne en finesse au fur et à mesure. Un affinage particulièrement réussi qui devient mentholé et vanillé. La noisette, le caramel et la pétale de rose étoffant et nuançant l’arrière bouche. Jacklyn Smith, ambassadrice d’Arran dans le monde, insistait sur le fait que les affinages chez Arran respectaient pleinement le single malt produit par la distillerie. Le moins que l’on puisse dire, ce Fino Valdespino finish le confirme parfaitement.
Pour clore la soirée, direction Islay, plus exactement Laphroaig, dans une version embouteillée par Signatory Vintage dans sa collection Cask Strength.
Chaque soir a vu la dégustation d’un fût différent :
Laphroaig 1991 – 16 ans – 53.7 % le lundi, une version particulièrement fumée et cendrée. Laissant s’épanouir des notes de fruits blancs (poire) et des épices douces. Un Laphroaig concentré, un peu introverti, prenant de l’assurance au fur et à mesure de la dégustation.
Laphroaig 1991 – 16 ans – 54.6 % le mardi, un fût exubérant sur les fruits exotiques (passion, mangue), sur le chocolat noir et la terre humide. Extraverti, chaque gorgée est un nouveau voyage à elle seule. Evoque les versions officielles cask strength. Notes de poisson fumé et de citron confit au nez. La bouche est élégante, fruitée et épicée. Pointe de citronnelle.
Laphroaig 1991 – 16 ans – 54.1 % le mercredi, un fût qui se situe entre les deux précédents dans sa palette aromatique et gustative. Notes minérales de craie et de fleurs blanches. Un Laphroaig tout en subtilités et en nuances. Les fruits exotiques côtoient le chocolat noir. La fumée et la cendre sont également présentes.
Trois fûts, trois aventures. Cela donne l’idée de faire une soirée sur un seul whisky mais sur plusieurs fûts différents de ce whisky.
Pour la seconde fois, le Club MW se réunissait au Highlander Pub. Des trois single malts dégustés, l'un a été sujet à une vive controverse. Redoutable pour certains, plus qu'intéressant pour d'autres. Voyons de plus près ce qui s'est passé lors de ces deux soirées.
En ce mois de novembre, pour la première fois, le Pub The Highlander situé à proximité du Pont Neuf, rue de Nevers exactement accueillait le Club Maison du Whisky. Quoi de plus naturel que de faire déguster un single malt des... Highlands en cet endroit prédestiné.






















