Le toucher de bouche, voilà une quelque chose de particulièrement difficile à décrire tant les avis et les sensations peuvent changer d'une personne à l'autre. Or, il me semble que les trois single malts dégustés de jour là offraient l'occasion d'en discourir. Une manière également d'appréhender le rapport nez/bouche dans la dégustation
Le premier single malt dégusté était une nouveauté en provenance de la distillerie Longmorn: Une version âgé de 16 ans et embouteillée à 48 % : Je qualifierais ce single malt de whisky de nez tant sa palette aromatique est nuancée : maltée, fruitée, épicée, finement boisée et se développant sur les fleurs. En revanche, ce soir là (je pense que le lieu a largement contribué à influencer nos jugements), la bouche avait du mal a prendre le relais. Bien faite, elle pouvait cependant manquer de longueur. En un mot, elle avait du mal à suivre le nez. Avec Gaël, nous l'avions dégusté quelques jours auparavant et nous l'avions trouvé bien plus présente. Serait-ce le syndrome du premier whisky qui a de nouveau frappé ? En tout cas, une sensation tactile plutôt arrondie et fruitée.
Second Single Malt : Mortlach 1990 : version issue de la collection Single Cask de La Maison du Whisky embouteillée à 45 % par Gordon & MacPhail. Là , c'est l'inverse qui s'est produit, en effet, le nez était plus difficile à cerner (un peu fermé) mais la bouche était superbe et d'une grande richesse. Ce whisky a été servi trop frais (il faut dire que les conditions atmosphériques n'étaient pas de la partie). Il fallait donc le rechauffer en main et alors toute la suavité présente dans cette version pouvait s'exprimer. Whisky de bouche donc, avec notamment des notes d'agrumes confits, d'épices douces, de chocolat noir et de fleurs capiteuses (jasmin, lys, mimosa).
Glen Albyn 1979 embouteillage de chez La Part des Anges était proposé en troisième single malt. Distillerie fermée en 1983 et détruite en 1985, comme Glen Mhor et Millburn, Glen Albyn était située à Inverness. Cette version embouteillée au degré naturel (53.2 %) illustrait à merveille ce que l'on appelle une bouche huileuse, caressante. Une pointe de fumée venant agrémenter un fruit pulpeux. Vingt sept années de fût expliquant un boisé relativement marqué en finale. En tout cas, l'on retrouvait parfaitement le style onctueux et empreint de notes fumées des single malts des Highlands du Nord. Cette version a particulièrement plu à Martine Nouet, rédactrice en chef de la revue Whisky Magazine et Malt Maniac (voir n° 20 de Whisky Magazine). En tout cas une belle relation nez/bouche car l'on retrouvait en bouche ce que le nez proposait.
Trois single malts si différents que les faire cohabiter au cours d'une même dégustation pouvait s'avérer une expérience périlleuse. Chacun a pu cependant exprimer ses qualités et par la même trouver sa place : Fruité gourmand pour Longmorn, complexité et nuances pour Mortlach,
puissance maîtrisée et caractère huileux pour Glen Albyn.
Longmorn, Mortlach et Glen Albyn, une question de toucher de bouche.
Par Jean-Marc Bellier, mardi 22 mai 2007 à 12:54 :: General :: #172 :: rss
Le 14 mai dernier, la réunion du Club se tenait au Peanut's Café situé prés du Palais Omnisports de Paris Bercy. Cela a donné lieu à une dégustation très intéressante sur le plan olfactif et tactile.
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