L'année 2005 s'était magnifiquement terminée par la dégustation d'un Port Ellen 1974 titrant 58.5 %. Comme il faut battre le fer quand il est chaud (c'est ce qui se dit), un autre Port Ellen lui emboitait le pas.
Port Ellen 1979 - 22 ans - 43 % - Signatory Vintage: D'une très jolie couleur jaune pâle à reflets verts, le nez s'est révêlé fumé, laiteux enrobé d'une fine réglisse. Pour ma part, j'y ai trouvé des notes d'agave. Au fur et à mesure, son caractère marin a pris le dessus avec en arrière plan des notes cendrées. Le citron, la fougère procurait à l'ensemble une très agréable fraîcheur.
La bouche dans le registre du nez faisait preuve d'onctuosité allant même jusqu'à la tourbe grasse. Belle fraîcheur anisée. Je trouvais dans ce Port Ellen, une beauté bleutée, en quelque sorte un entre Ciel et Mer, avec quelques mouettes rasant la crête des vagues.
La finale marine, saline, iodée était marquée par le douce amertume de l'orge maltée. Pointaient ensuite les fleurs (lys, géranium), les fruits (pêche blanche) et la douceur sucrée d'une gelée de coing.
Si ce n'était pas le plus puissant des Port Ellen que nous ayons dégusté, c'était en tout cas l'un des plus fins et subtils.
Pour suivre la dégustation, un single malt que nous n'avions jamais dégusté dans le cadre du Club MW provenant d'une distillerie en sommeil depuis 1986. Et le moins que l'on puisse dire est que cette distillerie fait preuve d'une remarquable discrétion.
Glenglassaugh 1967 - 38 ans - 59.3 % - Signatory Vintage : Sans plus attendre, il faut dire que cette version a soulevé beaucoup d'enthousiasme et a inspiré bon nombre de dégustateurs (n'est-ce pas Alexandre, j'ai adoré ta formule aux trois centres, Pierre Magnant et Florence Veron y allant de leurs sensibilités propres). La couleur or à vieil or intense laissait augurer d'un nez parfumé et complexe, l'on a pas été déçu. Tout d'abord la noix verte qui cédait la place aux fruits exotiques (passion, ananas) posés sur un lit de paille. La réglisse , la mirabelle et les fruits confits (citron, pamplemousse) en troisième vague. La bouche riche, pulpeuse, en un mot vivante, était marquée par une belle touche de réduction ou d'acidité volatile (c'est selon). Les fruits rouges qui me sont si chers répondaient présents (cerise, fraise, framboise). En fond de palais, le sucre d'orge s'attardait un peu ainsi que la menthe. La finale, doucement amère, m'évoquait les bonbons aux plantes, les fleurs capiteuses (chèvrefeuille) et l'orange sanguine. L'Irlande n'est pas si loin. Sur un clafoutis aux myrtilles, cela doit-être du bonheur. Une pointe cendrée montrait le bout de son nez en extrême finale.
Un Secret Stills en provenance de l'île de S..E se présentait à nous pour clore les soirées. Le mystère étant à son comble, passons directement au commentaire de dégustation. Tout d'abord j'ai adoré ce whisky et même si j'ai été pris gentiment à parti, j'assume mes partis-pris.
Secret Stills - 1955 - 50 ans - 45 % - Gordon & MacPhail: Quelle couleur cuivrée, orangée, rougeâtre, à reflets fauves, verts ! Quel nez envoûtant, gourmand, une véritable confiture d'abricot, on pressent la texture duveteuse de la peau de pêche ! Les épices, marque de fabrique de T......R sont là qui s'offrent à nous (poivre, muscade, cannelle). Quel sherry (noix grillée) ! Un degradé de couleurs allant du noir, en passant par le rouge pour venir s'échouer sur une plage de sable jaune. Le bois précieux est également de la fête ainsi que d'originales notes de moutarde, de poussière de parquet. Un rai de lumière avec la poussière en suspension qui lui va bien. Au final du nez, quelle fraîcheur (coing) et quelle onctuosité !
La bouche poivrée dès l'abord, évolue sur des notes de confiture de fraise légèrement brûlée. Les couleurs se font plus châtoyantes (rouge, orange, jaune). La vanille noix de pécan fait l'effet d'une glace. Les pâtes de fruits emplissement progressivement le palais de même que l'huile de noix. Enfin, la tourbe tant attendue fait son apparition en finale, bien sûr, elle n'est pas dominante, tout juste pointe t'elle le bout du doigt, mais elle est là et d'ailleurs elle a toujours été là , mais faisant sa timide ou plutôt se montrant respectueuse du sherry, elle se signalait comme une signature en bas du parchemin. J'aimerai savourer ce Secret Stills sur un gibier aux fruits rouges, aller jusqu'au bout de la nuit en fumant un cigare, en osmose et ton sur ton avec les notes de tabac qui sont également présentes.
Décidemment, les départs en vacances ont quelque chose de magique dans le Club Maison du Whisky. Pour ma part, je vous souhaite de bonnes vacances et je vous remercie de votre aide précieuse et de vos commentaires de dégustation tous plus intéressants les uns que les autres tout au long de l'année. A septembre donc au Palais Brongniart.
Juillet 2006 - les 3 glorieuses
Par Jean-Marc Bellier, samedi 15 juillet 2006 à 10:10 :: soiree club :: #140 :: rss
Les soirées du mois de juillet qui ont lieu rue d'Anjou ont toujours un parfum de vacances. Cependant, on sent poindre chez certains un petit dram de tristesse à l'idée que ce sont les dernières dégustations avant la rentrée. Qu'on se rassure, deux mois c'est vite passé et le retour va se faire en fanfare avec le whisky live (n'oubliez pas de vous inscrire avant le 11 août). Une fois n'est pas coutume, nous avons décidé de commencer les dégustations par un single malt de l'île d'Islay. Le Speyside était ensuite à l'honneur et enfin un Secret Stills clôturait les soirées.
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Commentaires
1. Le mardi 18 juillet 2006 à 14:15, par Sébastien
2. Le mardi 18 juillet 2006 à 21:02, par PNicolas
3. Le mardi 18 juillet 2006 à 23:18, par kinou
4. Le samedi 22 juillet 2006 à 09:15, par Vincent
5. Le mercredi 26 juillet 2006 à 16:10, par MacRachid
6. Le samedi 29 juillet 2006 à 12:49, par AlexandreV
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