Que faire quand on traîne une crève d'enfer qui vous paralyse le nez et vous enlève le goût -de quoi vous faire perdre celui de la vie !- et l'odorat ? Quand vous pouvez à peine distinguer un Laphroaig d'un Glenlivet et que vous ragez devant les 19 flacons de malts des Lowlands qui vous attendent pour une dégustation de Whisky Magazine ? Que faire ? Parler peut-être... mais la voix vous lâche également. A peine le temps d'éructer quelques phrases qu'une horrible quinte de toux vous fait cracher vos poumons. Que faire donc ? Bloguer. je ne suis pas encoe handicapée du mulot... profitons-en... Donc, conformément aux promesses du dernier Whisky Mag (N°12), je viendrai régulièrement (hopefully !) sur le blog pour partager quelques bons moments, des petites infos croustillantes et tutti et quanti.
Une fois n'est pas coutume, je n'ai pas envie de parler whisky. Mais je ne m'en éloigne pas tant que cela. Il s'agit du genièvre de Houlle élaboré par la distillerie Persyn.Une affaire familiale de petite taille (300 hl par an) installée à Houlle pas très loin du marais audomarois, un endroit vraiment superbe. Dans les années 50, la famille a loué les services d'un distillateur des Lowlands, resté en France après la guerre. D'où sans doute la triple distillation dans un alambic de type pot-still.
L'élaboration est en tout point semblable à celle du whisky. Seule différence, à l'orge maltée, on ajoute de l'orge non maltée, de l'avoine et du seigle. Les baies de genièvre, enserrées dans un nouet (non je n'y suis pour rien) sont mises à la troisième distillation et les vapeurs d'alcool qui les traversent se chargent de leurs arômes.
Résultat un distillat très aromatique qui sort à un bas degré (entre 40 et 55%). Hugues Persyn a présenté ses genièvres lundi dernier à Paris lors d'une dégustation Coeurs de Chauffe (il s'agit d'un cercle d'amateurs d'eau-de-vie initié par mon confrère Eric Gaudet et moi-même). Une soirée délicieuse. On a dégusté le "Carte noire" à 49% (vieilli en moyenne 3 ans dans des fûts roux -assemblage de 1 à 7 ans) qui s'apprécie givré comme la vodka. Un nez herbacé de foin, mélisse, menthe fraîche, baies de genièvre et une pointe d'angélique. Même sensation en bouche, avec une texture soyeuse et une finale fraîche et propre. Parfait avec des poissons crus ou fumés et des sorbets.
Je ne sais pas pourquoi la dégustation de ce genièvre m'a emmenée dans quelque glen reculé au XVIIIème siècle, au pied d'un "bothie" où un petit malin devait distiller son uige beatha puis, pour adoucir son eau de feu, y faire infuser des herbes et baies ramassées aux alentours. Un goût sauvage, une pointe animale, à la forte puissance évocatrice. Je ne saurais trop conseiller la dégustation de cette eau-de-vie de grain 100% ch'ti. Il ne reste que 3 distilleries de genièvre en France, il y en avait 72 en 1810. Alors ne les laissons pas disparaître...
A ce propos, j'aimerais avoir l'avis des bloguistes lecteurs de Whisky Mag sur le dossier armagnac. Avez-vous apprécié que nous invitions une eau-de-vie autre dans le spages de votre magazine préféré ? Dites oui, please !!!! (non je ne suis pas directive, mais alors pas du tout...) Excusez, quinte de toux... Faut que je me fasse un Toddy...
Bye M















Commentaires
1. Le vendredi 27 janvier 2006 à 18:21, par Vincent
2. Le vendredi 27 janvier 2006 à 18:55, par FLODAN
3. Le samedi 28 janvier 2006 à 17:34, par Sacha
4. Le samedi 28 janvier 2006 à 18:24, par Vincent
5. Le mercredi 1 fĂ©vrier 2006 à 11:01, par Martine
6. Le mercredi 1 fĂ©vrier 2006 à 17:49, par Serge
7. Le mercredi 1 fĂ©vrier 2006 à 18:21, par benoit
8. Le mercredi 1 fĂ©vrier 2006 à 18:32, par Martine
9. Le mercredi 15 fĂ©vrier 2006 à 18:33, par Fabrice
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