Quelques commentaires de dégustation pris lors d'une matinée passée à La Maison des Trois Thés.
Thés Bleu-Verts
Fei Cui : Le nez est marqué par des notes de lilas et de magnolia. Il dévoile au fur et à mesure de jolies notes végétales et légumineuse (courgette, artichaut). La bouche est longue, elle est soulignée par une délicieuse amertume qui sous-tend le caractère floral très frais.
Commentaire : thé de nez d’une grande subtilité qui plaira aux amateurs de thé vert. Il se révèle nettement plus ample que ces derniers. Thé de nez.
Chang Chun : Le nez est marqué par les fleurs capiteuses (lys) et par la noix de coco. L’attaque en bouche est franche. La finale, très jolie, est vanillée.
Commentaire : plus puissant que Fei Cui. Thé de bouche.
Beauté Académique : couleur jaune. Le nez est marqué par la céréale et par des notes de sucre roux brûlé. La bouche est ronde, elle possède de la mâche. Elle est au final plus épaisse.
Commentaire : thé confortable (on s’installe dans un fauteuil en cuir en fumant un cigare et en savourant Beauté Académique). La récole se fait quand les feuilles sont très mûres (avant qu’elles ne basculent dans la surmaturité). Thé masculin, très bien au petit déjeuner.
Gan Xiang : couleur plus claire que Beauté Académique. Notes de cédrat, de poire très mûre au nez qui se révèle riche, complexe. Il évolue sur les agrumes frais, la pêche et l’abricot pour finir sur la mangue. L’attaque en bouche est franche, notes d’amande, de raisins secs.
Commentaire : peut-être conseillé aux néophytes qui découvriront alors un thé puissant et complexe. Belle noblesse d’expression.
Thés Rouges
Yun Hong : couleur soutenue, le nez est très fondu avec ses notes de caramel, de pomme cuite, de miel de sapin et d’abricot. La bouche en parfaite adéquation révèle le caramel, la noix, le coing et le miel de bruyère. Elle est moelleuse. Se développe sur l’abricot confit.
Commentaire : même si c’est trop simpliste de limiter un thé à un moment donné, Yun Hon est parfait pour le petit-déjeuner. Rondeur, caractère. J’apprécie beaucoup son harmonie moelleuse.
Song Yan : le nez est boisé (écorce de bouleau), fumé. D’une grande délicatesse. La bouche est c’est un paradoxe en matière de whisky, plairait aux amateurs de sherry casks malgré le fumé du nez. Notes de gelée de pomme, de pâte de coing. Elle évolue sur les fruits secs, sur le cuir (peau). Commentaire : à la seconde infusion, le fumé s’estompe au profit du fruit, notamment les fruits secs (datte, banane séchée, tamarin). Ce thé possède une personnalité chaude (on pense à un désert).
Gu Hong : couleur ambre assez légère. Le chocolat est présent sous forme de poudre de cacao. J’y ai trouvé pour ma part des notes de fraise cuite. La bouche est très belle, délicate, chocolatée. Elle évolue sur la pêche cuite. Il y a de la mâche.
Commentaire : à l’autre bout de la palette aromatique que le Yun Hon. Du chocolat au fruit.
Thés Noirs
Pu Er 1995 : couleur ambre très soutenue à reflets rouges. Le nez est marqué par la paille (moisson), notes profondes de vieux cuir. Il évolue sur la noix, la noisette, la datte et la figue. La bouche revient sur la paille. Très belle liqueur. Elle évoque une marche dans la campagne.
Commentaire : un nouveau paradoxe, ce thé plaira aux amateurs de sherry cask profonds.
Pu Er 1992 : couleur un peu plus légère que le 1995. Le nez évoque la terre humide. On pense à l’odeur de la terre humide après un orage en été sur une poussière de terre. Notes de pierre, de calcaire. Le salpêtre qui s’effrite.
Commentaire : ce thé est sur pente nerveuse qui ne veut pas se lâcher, c’est pour cela qu’il est en phase d’évolution.
Pu Er 1995 deuxième infusion : impression plus sucrée, bouche plus ronde. Cela réunit en un centre qui fait penser au noyau d’abricot. __ Pu Er 1992 deuxième infusion__ : on est immédiatement sur la pluie d’été. Concentration, cela s’élève sur l’écorce de l’arbre pour monter vers le ciel.
Thé au jasmin
Mo Li :
Nez délicat, très parfumé. La bouche possède une belle fraîcheur mentholée. Les fleurs et même les fruits sont plus présentes. J’y trouve même des notes balsamiques (pin, cèdre). La seconde infusion renforce les sensations.
Ce qui impressionne quand l'on déguste ces différents thés, c'est leur justesse et leur pureté d'expression. En tous les cas une aventure gustative hors du commun. Et puis quand l'on sait que la production annuelle de ce thés se situe entre 200 et 800 kilos par an. Laissez vous tenter, le plaisir est garanti...
















Commentaires
1. Le vendredi 10 fĂ©vrier 2006 à 03:45, par Patrick Miller
2. Le jeudi 23 fĂ©vrier 2006 à 00:19, par ativan
3. Le lundi 17 avril 2006 à 20:29, par Alexander Davis
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