Le négoce permet d'élever le niveau général. Mais surtout il fait parler du whisky, sur notre blog ou d'autres sites de passionnés comme celui des malts maniacs. Auparavant seules les versions officielles avaient droit de citer dans les guides de dégustation des écrivains du whisky comme Michael Jackson, Charles MacLean, Jim Murray ... Or dans les ouvrages publiés récemment par ces mêmes auteurs force est de constater que les versions de négoce (plus nombreuses il est vrai) représentent désormais la majorité des whiskies dégustés. Car c'est ce que réclament les vrais amateurs. Les écrivains l'ont bien compris. Seuls les grands groupes de spiritueux dénoncent cette violation de propriété (ils assimilent généralement leur distillerie à une marque) enfermés dans des considérations marketing totalement dépassées. Heureusement le whisky n'est pas encore du détergent ou du papier toilette. Le modèle Procter & Gamble ne s'applique pas encore à Diageo.
Le négoce transcende les marques au lieu de les amoindrir. D'ailleurs je suis convaincu que dans les hautes sphères du whisky à Londres ou à Glasgow les responsables marketing des grandes marques ne sont pas dupes. Prenons Talisker ou Lagavulin, deux monstres sacrés. Il est difficile voire impossible de trouver des versions de négoce de ces single malts. Les négociants qui possèdent des fûts ne se risquent pas à afficher le nom des distilleries par peur de représailles. En revanche bizarement on trouve de nombreuses versions de Cragganmore et de Glenkinchie précisémment les deux single malts qui se vendent le moins au sein des Classic Malts. Ces versions de négoce font-elles du tort aux versions officielles ? Bien au contraire. Les versions de négoce rendent plus sexy des single malts transparents aux yeux de nombreux amateurs. Elles ont également le mérite de faire parler de ces distilleries. D'autres single malts tels que Bowmore ou Highland Park et dans une moindre mesure Macallan laissent faire consciemment ou inconsciemment. Sans les versions de négoce ces distilleries qui ont perdu de leur superbe au cours de ces dix dernières années auraient sans doute encore moins d'attrait. Depuis peu Bowmore sort de sa léthargie et à mes yeux les whiskies de négoce y sont pour beaucoup. Bien sur cette analyse s'entend pour la France et pour la vieille Europe. Certaines marques tombées en disgrâce font un malheur en Asie ou dans les pays de l'Est. Dans ces pays les versions de négoce sont souvent considérées commes des sous whiskies et elles ne font pas d'ombre aux whiskies officiels. Ainsi les versions de négoce losrqu'une marque officielle a le vent en poupe est sans danger. A cet argument, les chefs produits me rétorquent parfois. "Oui mais si la version de négoce est de qualité médiocre voire totalement immonde (cela arrive parfois) c'est ma marque qui trinque". Une fois encore ils se trompent. Dans ce genre de situation c'est surtout le négociant qui trinque pas la distillerie. Les consommateurs de whiskies de négoce sont éduqués et ils savent faire la part des choses entre un mauvais fût et une mauvaise distillerie.
Pour conclure je reviendrai sur Glenfiddich. Ce single malt est sur orbite depuis quelques années déjà . En réalité Glenfiddich a toujours été un précurseur. Ils ont été les premiers parmi les grandes distilleries à lancer il y a près de 10 ans des versions single casks d'anthologie. Nous avons eu la chance à La Maison du Whisky de pouvoir acheter un fût millésimé 1963 que je classe sans hésiter parmi les meilleurs whiskies jamais dégustés. Seul hic, le prix. Le Glenfiddich 1991 évoqué par Jean-Marc Bellier est un peu la réponse à ce problème. Oui, le degré n'est peut être pas à la hauteur, mais Rome ne s'est pas faite en un jour. Glenfiddich comme Jack Daniel's ou Coca Cola* appartient à une catégorie que de nombreuses distilleries lui envient. Il est le Number One. La maîtrise de la marque et de l'image se justifie davantage, même si un jeune Glenfiddich de négoce non filtré à froid et provenant d'un seul fût ne lui ferait aucun mal. Il permettrait peut-être à Vincent d'être plus indulgent et moins suspicieux à son égard, un jugement que partagent bon nombre d'amateurs.
- Au risque d'en choquer certains je suis moi-même un buveur occasionnel de Coca Cola (avec une rondelle de citron et beaucoup de glace). Mais je vous rassure, je n'y ai jamais mis une goutte de whisky.















Commentaires
1. Le samedi 15 octobre 2005 à 17:23, par Jean-Marie
2. Le samedi 15 octobre 2005 à 17:56, par TB
3. Le samedi 15 octobre 2005 à 18:10, par Vincent
4. Le samedi 15 octobre 2005 à 18:31, par TB
5. Le samedi 15 octobre 2005 à 20:07, par Jean-Marie
6. Le dimanche 16 octobre 2005 à 10:46, par Serge
7. Le dimanche 16 octobre 2005 à 12:05, par PNicolas
8. Le dimanche 16 octobre 2005 à 12:21, par TB
9. Le dimanche 16 octobre 2005 à 13:12, par Jean-Marie
10. Le dimanche 16 octobre 2005 à 17:38, par Vincent
11. Le dimanche 16 octobre 2005 à 18:43, par sacha
12. Le dimanche 16 octobre 2005 à 23:30, par PNicolas
13. Le lundi 17 octobre 2005 à 00:06, par Serge
14. Le lundi 17 octobre 2005 à 08:30, par TB
15. Le lundi 17 octobre 2005 à 09:38, par Serge
16. Le lundi 17 octobre 2005 à 13:52, par Hubert
17. Le lundi 17 octobre 2005 à 16:37, par Whiskye
18. Le lundi 13 février 2006 à 14:14, par Jean-Pierre
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.