Pour avoir été "formé" dans une école du vin (en l'occurence celle de Beaune, le CFPPA), je me souviens avoir entendu de la part d'intervenants peu scrupuleux, que le whisky était un alcool sans saveur issu de grains - donc peu coûteux à produire - et de barriques à bourbon qui lui donnaient tout son caractère. Selon ces mêmes "profs", le fût de porto ou de rhum dans lesquels on l'élevait contribuaient grandement au goût final de cet alcool.
Il s'agissait, bien sûr, de l'avis de personnes sensibilisées à la cause du cognac et de l'armagnac, supposés être des alcools plus nobles (car issus de raisins et de terroirs spécifiques) et qui subissent une grave crise de la consommation sur le territoire national. Leur assertion était d'autant plus contestable qu'elle survolait le problème et n'expliquait nullement les origines de telle ou telle pratique (que ce soit l'affinage des whiskies ou la baisse de qualité de certains cognacs).
Curieux de découvrir les grands whiskies, que tant de personnes me décrivaient, ceux autour desquels pouvaient s'agencer un menu dégustation , je n'ai pas pris ces affirmations pour argent comptant et après quelques mois de recherche j'ai ouvert la porte de la maison du whisky !!
La suite tout le monde la connaît...
Avec le recul, il m'apparaît que le whisky est sans doute le spiritueux le plus passionnant du monde, et peut-être le plus grand alcool. Il n'y a peut-être pas de terroir en terme de whiskies (question ô combien complexe) mais c'est l'alcool qui fait le plus voyager, par la pensée.
Alors pourquoi, me direz-vous, cette multiplication des affinages telle qu'elle se pratique de plus en plus en Ecosse ? Pourquoi chercher, dans une quête un peu vaine, à vouloir absolument loger du whisky dans un fût qui a contenu un autre breuvage ? Est-ce un retour aux sources, la nostagie d'une époque où le whisky était vieilli moins longtemps qu'actuellement ?
Cette prolifération des affinages est perçue évidemment comme une volonté de surfer sur la vague d'engouement pour le whisky. Cependant je doute que cette tendance aboutisse à quelque chose de solide, de durable. Il faut vraiment appartenir au monde du whisky pour la rendre positive. Et je pense qu'à force d'épuiser ce filon, les écossais risquent de se décrédibiliser.
Lorsque l'on pense à ces merveilleuses distilleries qui ont été fermées dans les années 80, et qui produisaient des alcools d'une pureté rare sans qu'un affinage soit nécessaire, on est en droit de se demander si la jeune génération, en quelque sorte la relève, ne joue pas un peu la facilité ! Ainsi va le monde...
Cependant comme j'ai l'esprit de contradiction et que j'appartiens au monde du whisky ... J'avouerais mon faible pour quelques affinages dégustés dans l'année : Arran Calvados finish 60,8% pour sa douceur, son ampleur, sans une once d'alcool brûlant, magnifique d'équilibre (89/100 : 40 pour le nez, 48 pur la bouche), Edradour Madeira finish pour sa puissance qui oscille entre raisin sec (verdleho) et fine amertume épicée (88 sur 100). Il y eut aussi un exquis Old Pulteney 1990 - 46 % un-chillfiltered rum finish qui mariait saveurs de grains humides, pointe iodée - saline et fruits confits (type angélique) 89/100. Sa durée de vie sur le marché français a dû être de 10 jours, montre en main, mais c'est un bon souvenir.
à bientôt... J'attends des avis divergents...
Emmanuel Zanni















Commentaires
1. Le vendredi 14 octobre 2005 à 19:07, par Florence et Daniel
2. Le samedi 15 octobre 2005 à 14:42, par MArc
3. Le samedi 15 octobre 2005 à 17:47, par Jean-Marie
4. Le samedi 15 octobre 2005 à 18:15, par Vincent
5. Le samedi 15 octobre 2005 à 20:31, par Jean-Marie
6. Le lundi 17 octobre 2005 à 11:14, par manuz
7. Le lundi 17 octobre 2005 à 12:34, par fred
8. Le lundi 17 octobre 2005 à 16:46, par Whiskye
9. Le lundi 17 octobre 2005 à 21:18, par Jean-Marie
10. Le mardi 18 octobre 2005 à 08:10, par Vincent
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